12 juil, 15:16
Marié, 3 enfants en bas ages, j’ai maintenant que peu l’occasion de partir rouler à la journée en VTT. Alors quand l’occasion se présente, non seulement il faut pas la louper, mais il faut du gros, du lourd pour tenir les 6 prochains mois…bref un bon sale plan, faire sa trace dans la montagne…Où aller? Le Canigou est la montagne mythique des Catalans et même si elle est sur ma to-do list, c’est trop loin pour la journée. Autre montagne emblématique des catalans, la Pedraforca… Il faut dire que ses 2 sommets en jettent.
Renseignement pris, c’est “impossible”, trop “extrême” de faire quoi que ce soit en VTT là-bas…Il y a une tartera impressionnante (pierrier en Catalan) etc….mmmm…J’irais là-bas!!
C’est vrai que les photos sont impressionnantes, c’est vrai que le dénivelé aussi (40% de pente sur 2km pour la descente) mais bon, j’ai pas d’autres idées dans mon tiroir et tout ça a aguiché ma curiosité.
9h45 je suis prêt! hop hop le chemin est large mais commence à devenir très raide et avec les cailloux qui le parsèment, au bout de 20min je suis déjà pieds à terre. A peine 50m de dénivelé effectué….
Commence la poussette, en forêt, sur une pente de 30-40%, avec des racines partout… un truc de ouf… Je me dis que ce sera meilleur après.
300m de dénivelé plus tard je débouche dans une petite clairière, fini la forêt!
Place à une ambiance minérale…par contre je pousse/porte toujours
, il reste 500m de dénivelé.
Maintenant le chemin est sur la crête du sommet supérieur. Un éboulis à monter, je dois mettre les mains pour grimper (avec un vélo de 17kg sur le dos, c’est folklo…faut assurer chaque pas)…Je finis par m’inquiéter, je me suis trop écarté de la piste d’après le GPS…je ne vois plus de balisage… oups… je redescends, sans vélo, pour vérifier que je me suis bien trompé: le chemin est 40m en contrebas. La descente sans vélo ayant déjà été périlleuse, je préfère choisir de couper dré dans le pentus…pas sûr que ce fut meilleur, j’ai même du faire de la luge sur mes fesses en soulevant le vélo à bout de bras… mais bon.
Je récupère donc le chemin et, ce qui de loin semblait un gentil chemin serpentant dans un pierrier, se révèle un chemin à 30% de pente, raviné par les cailloux.
Donc la poussette/portage continue… Je fais même beaucoup d’hommages à Michael Jackson et son moonwalk: 2 pas en avant, je glisse et je me retrouve derrière. C’est dur, très dur…chaque fois que je dois mettre le vélo sur l’épaule, quand je ne peux pousser, c’est de plus en plus douloureux. Mes tendons d’achille me font mal, à forcer tant penché en avant à cause du vélo. Le dernier raidillon est encore un calvaire et quand je vois 2 randonneurs, en chaussures de rando + batons, souffrir eux-aussi, je me demande ce que je fais là avec mes chaussures de VTT, sûrement les meilleures pour pédales plates, mais pas vraiment adaptées pour la rando sur pierrier, et mon vélo de 17kg, beaucoup moins pratique que 2 batons de 200g…
13h, je suis en haut! à l’Enforcadura, sorte de col entre les 2 sommets de la Pedraforca. En bon venturi naturel, le vent souffle fort, je descends de quelques mètres pour être abrité et manger tranquillement. Les randonneurs présents s’étonnent tous de voir un vélo arrivé ici… J’entends des “…con biciiiiiiiii!!!” fuser depuis les groupes de randonneurs descendant du sommet supérieur.
Bilan de la montée, 3h de poussage/portage pour 900m de dénivelé très difficiles à cause de la pente et des éléments (racines au début, pierrier ensuite), 20min de vélo au début. Je fais fort me dis-je…heureusement que j’ai emmené personne dans cette galère. Je suis crevé… mes jambes sont des poteaux de bois. Je mange et essaye de récupérer… attaquer une descente difficile pas lucide, c’est la chute assurée…et là, la chute risque de faire mal.
La descente, du moins ce que j’en vois, s’annonce difficile mais faisable. Je regarde par où passer et je me lance, un peu fébrile au début à cause de mes jambes de bois empêchant d’être souple sur le vélo. Au début, c’est des sortes de marches avec de l´herbe et malgré la pente, en se mettant les fesses sur la roue arrière et grâce au grand débattement et les freins à disque de 200mm, ça passe.
Puis j’arrive face au pierrier…
Rien à faire, la pente est trop raide et l’adhérence nulle. S’élancer là dessus veut dire chute avec glissade sur plusieurs centaines de mètres. Je suis donc reparti pour une session d’accompagnement de mon vélo à pieds. Après les efforts de la montée, maintenant il faut aussi faire très attention à la chute. Si en plus je lâche le vélo celui-ci se retrouve plusieurs centaines de mètres plus bas. D’ailleurs les randonneurs sont aussi vigilants: de grosses caillasses se décrochent parfois et il faut faire attention à pas se les prendre dessus. Encore une fois, mes chaussures et mon vélo ne sont pas des bons compagnons pour cette descente. Je finis même par trop glisser et à chuter, en gardant le vélo avec moi, lourdement la cuisse sur une grosse pierre. Je reste allongé quelques secondes car j’ai terriblement mal.
Le pierrier commence à avoir de plus grosses pierres et la descente devient un peu plus facile. Je prends à droite pour suivre le chemin PR 123 mais bizarrement tout le monde continue sur le pierrier. Je comprends vite pourquoi car je me retrouve dans une galère avec un chemin zigzaguant avec des rochers partout, une flore hostile qui me pique partout…Je me sens seul au monde! Chaque pas est vraiment une victoire, essayant toujours d’éviter de perdre le vélo, ou moi-même!, dans une glissade. Évidemment, c’est à ce moment que je n’ai plus d’eau… pourtant j’avais pris 3l d’eau le matin…
Je me retrouve enfin en haut d’un petit pierrier que je descends pour rejoindre le bas du pierrier principal et tous les randonneurs. Je cherche un chemin qui part à droite que personne ne semble connaître. On m’indique que le refuge n’est pas loin, que c’est un chemin pour y aller et que la galère est finie. Je n’ai plus d’eau, un chemin “sûr” pour rouler me dit bien, donc je choisis d’aller en direction du refuge…cela me rallonge un peu mais je préfère avoir de l’eau pour la suite.
Je roule sur 20m et je m’arrête…Le chemin est très étroit (le cintre ne passe souvent pas), parsemé de racines faisant des dépressions de 1m, d’énormes rochers m’obligeant à porter le vélo, quelques passages avec 100m de vide à droite… Je pousse, je porte, je suis mort!!…tellement que quand une des rares fois où je monte sur le vélo sur 20m pour traverser un pierrier, ma roue avant part dans le pierrier et j’ai juste le temps de me lancer de l’autre coté…heureusement le vélo s’arrête 2m plus bas seulement.
Voilà le refuge! je fais le plein d’eau et je repars…cette fois le chemin est large, toujours parsemé de racines mais tout à fait passable du à la largeur du chemin. Je prends enfin du plaisir à faire cette descente technique où le placement de la roue avant au bon endroit est primordial (d’autant que je pense que ma fatigue m’empêcherait de rattraper une quelconque erreur). J’arrive sur une route que je descends tranquillement… puis vient une piste en plein cagnard avec encore une pente de folie…je mets pieds à terre, il me faudrait un plateau de 4 dents pour monter ça! 150m de dénivelé plus tard, s’annonce un petit chemin, à flanc puis en descente, très sympa, très joueur…un régal qui fait du bien après 6h30 d’effort.
J’arrive finalement sur la route qui m’amène gentiment à la voiture.
7h d’effort, à peu prés 1h de VTT sur ces 7h!!!!
Note: Je vous ai dit que j’avais été en plein cagnard toute la journée?










